Musique

racoon2Au 19ème siècle, les musiciens vont de village en village avec leur instrument pour « jouer » les bals commandés pour les fêtes et les noces. Ils sont payés « à la danse », cela signifie que leur salaire est fonction du nombre de morceaux qu’ils ont joué. Pour les payer, on se cotise, chacun apporte sa cote-part. Pour les fêtes, c’est le trésorier de la Jeunesse qui collecte les fonds auprès des danseurs potentiels. Ceux qui ne paient pas « leur danse » ne peuvent pas danser !

LES INSTRUMENTS
Les instruments les plus courants sont le violon et la clarinette pour le « chant ». Ils sont quelquefois accompagnés d’autres instruments : cornet à piston, cabrette, … Mais plus on multiplie le nombre de musiciens, plus le bal coûte cher.
L’accordéon diatonique viendra en toute fin du 19ème siècle et début du 20ème siècle.
Des vielles à roue pouvaient être utilisées par certains musiciens mais l’instrument coûtait très cher car les luthiers les fabriquaient à la demande.

LES MUSICIENS
Les musiciens se connaissaient et unissaient leurs efforts selon la demande des fêtards. Il était fréquent que trois, voire quatre musiciens fassent la partie majeure de la fête puis que certains repartent vers d’autres « contrats » ne laissant en finale que le « violoneux » pour terminer les réjouissances.

Les musiciens étaient très souvent des autodidactes. Ils ont appris à jouer « sur le tas », avec des musiciens plus anciens qui leur servent de « maîtres ». Beaucoup ne connaissent pas la musique et apprennent les morceaux « d’oreille », sans partition. Cela pourrait expliquer toutes les variantes musicales que l’on trouve dans les morceaux. De la même manière, le doigté, le coup de poignet sont très personnels car non académiques. Le « style » de chaque musicien était plus ou moins apprécié des danseurs.

Les qualités relationnelles personnelles font que tel musicien sera plus demandé qu’un autre. Le « chef » des musiciens est très important car c’est par lui que passe toute la négociation concernant le bal. Certains avaient une très grande réputation et ils étaient très demandés.
De la même manière, le village avait une plus ou moins bonne réputation et les « chefs de Jeunesse » ajoutaient à cette notoriété (ou absence de notoriété).

TRADITION POPULAIRE
Les musiciens sont les grands pourvoyeurs de la musique populaire. Ils possèdent tous les « standards » de l’époque et de la région et leurs périgrinations leur permettent d’apprendre d’autres musiciens toutes les nouveautés. C’est ainsi que la polka, la scottich, la valse, la mazurka, le quadrille vont pénétrer les campagnes françaises. Ils seront aussi, au début du 20ème siècle, la mémoire vivante d’une époque qui disparaissait.

Dans les veillées, on chantait aussi les répertoires de rondes, barcarolles, chansons dansées qui se transmettaient oralement dans la société rurale.

On n’était pas ou très peu sensible aux musiques écoutées par la bourgeoisie des villes. Les chanteurs de rue vendant leurs partitions ouvriront une première brèche. Avec le développement de la radio, la « culture parisienne » va supplanter la tradition populaire.

Heureusement, des musiciens, des danseurs et des personnes sensibles à la « culture populaire » (le Préfet Meyrac faisait partie de ceux-là) avaient collecté les musiques et chorégraphies des danses utilisées dans ces périodes antérieures. Cela permet aux groupes folkloriques de pouvoir présenter leurs spectacles et de parler encore de la TRADITION POPULAIRE.

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