Parlés Ardeûnés

LOU CHAMPAIGNAT
Le Champenois (Lou Champaignat) est une langue d’Oil pratiquée dans toute la Province Historique de Champagne.

Dans chaque village ou groupe de villages, on parlait cette langue champenoise avec des variantes qui ont pu laisser penser à quelques esprits chagrins que c’était un parler grossier de gens pas cultivés. De manière péjorative, ils ont d’ailleurs nommé ces parlers « patois ». C’est de cette culture, injustement en train de disparaitre, que nous voulons parler ici. Il n’y a pas UN mais DES patois. Ce sont des langues orales, nullement destinées à être écrites. Elles servaient à l’échange au quotidien. On se comprenait fort bien d’un endroit à l’autre.
Les patois … ou ce qu’il en reste … ne doivent pas disparaitre.
Avec notre « accent ardeûné », qu’il ne faut surtout pas essayer de gommer, nous devons continuer d’utiliser nos mots : « le cafè », « les canadas », « les dôyes », « le vingt-houite », …

Le patois, notre parler ardennais, nous avons dû l’écrire. L’écriture courante ne traduit pas l’accent « ardeûné ». Seule la phonétique pourrait le permettre mais qui sait couramment la lire ? Par curiosité voyez tout de même sur le site de la Bibliothèque Nationale de France ; « Gallica » regroupe des travaux de Charles Bruneau sur le collectage, l’enregistrement et la transcription de récits dans plusieurs « patois » du département des Ardennes.

            Ici, nous sommes plus simples. Nous avons écrit des séquences courtes de vie quotidienne de la période 1850-1900 adaptées sur l’existence de personnes habitant dans un petit village frontalier de la Belgique.

Nous espérons que cette manière simple incitera plus de monde à « co marnèye l’ardeûné* ».    (* encore parler ardennais)

LES patois pratiqués dans les Ardennes (département) sont différents selon leur localisation.

Il y a ceux « du S’dan » (avec ses variantes), particulièrement celui pratiqué vers Bosséval et Vrigne Aux Bois. (Lexique de Jean Lecaillon)

Il y a ceux prratiqués vers Gespunsart, Neufmanil et la vallée de la Semoy. (voir Yanny Hureaux, Gérard Avril)

Il y a ceux du Plateau, de la Thiérache (voir Lise Bésème-Pia)

Il y a ceux métissés de lorrain, dans l’Yvois (Carignan-Margut). (voir lexique de Désiré Huart)

Il y a ceux de la vallée de la Meuse au nord de Revin, issus du wallon.

Il y a ceux du sud du département tournés vers le champenois.

Tous ont des ressemblances et des différences mais tous sont constitutifs des Langues d’Oil, nos langues ORALES anciennes.